[Article 13-2] Islam, entre mythes et réalité : « L’Islam s’est répandu par l’épée »

[Article 13-2] Islam, entre mythes et réalité : « L’Islam s’est répandu par l’épée »

بسم الله الرحمن الرحيم

« L’Islam s’est répandu par l’épée »

Une des accusations favorites à l’encontre de l’Islam et des musulmans est de proclamer que l’Islam s’est propagé par l’épée, c’est-à-dire que lorsque les musulmans ont conquis un pays, ils ont forcé les non-musulmans à se convertir à l’Islam sous menace de mort. Nous allons voir à quel point cette accusation est ridicule et contradictoire aux principes fondamentaux de l’Islam. Ensuite, nous étudierons la notion de Jihâd en Islam, ses conditions et ses règles. Enfin, nous verrons comment les conquêtes musulmanes permettent aux pays et villes de prospérer tandis que les conquêtes des occidentaux, mènent au chaos et à la ruine matérielle et morale.

 
Illustration 1: Le monde musulman

 

La sincérité et l’intention ont une importance colossale en Islam, ce sont des principes fondamentaux de la religion musulmane. Nos actes seront jugés selon nos intentions et selon notre sincérité envers Allah :

:عَنْ أَمِيرِ الْمُؤْمِنِينَ أَبِي حَفْصٍ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ قَالَ: سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ

إنَّمَا الْأَعْمَالُ بِالنِّيَّاتِ، وَإِنَّمَا لِكُلِّ امْرِئٍ مَا نَوَى، فَمَنْ كَانَتْ هِجْرَتُهُ إلَى اللَّهِ وَرَسُولِهِ فَهِجْرَتُهُ إلَى اللَّهِ وَرَسُولِهِ، وَمَنْ كَانَتْ هِجْرَتُهُ لِدُنْيَا يُصِيبُهَا أَوْ امْرَأَةٍ يَنْكِحُهَا فَهِجْرَتُهُ إلَى مَا هَاجَرَ إلَيْهِ

Le Commandeur des croyants Abû Hafs ‘Umar Ibn Al-Khattâb رضي الله عنه rapporte : J’ai entendu le Messager d’Allah  dire :

« Les actes ne valent que par leurs intentions. Celui qui émigre pour Allah et Son Messager, son émigration lui sera comptée pour Allah et Son Messager; et celui qui émigre pour obtenir un bien de ce bas monde, ou pour épouser une femme, son émigration lui sera comptée selon ce qu’il recherchait »i

Si on fait un acte d’adoration pour un gain mondain, cet acte ne sera pas accepté par Allah, même si cet acte est aussi grand et noble que l’émigration.
De ce fait, il n’est pas possible de forcer un individu à se convertir ou à faire un acte d’adoration, l’Islam permet à chacun de pratiquer la religion qu’il souhaite sans contraintes :

لَا إِكْرَاهَ فِي الدِّينِ ۖ قَد تَّبَيَّنَ الرُّشْدُ مِنَ الْغَيِّ

Nulle contrainte en religion! Car le bon chemin s’est distingué de l’égarement﴿ii

فَمَن شَاءَ فَلْيُؤْمِن وَمَن شَاءَ فَلْيَكْفُرْ

Quiconque le veut, qu’il croie, quiconque le veut qu’il mécroie﴿iii

Cependant, les hommes sont des êtres libres avec une conscience, qui ont le choix de faire le bien ou le mal, de ce fait ils assumeront leurs choix et leurs actes le Jour du Jugement devant leur Créateur, celui qui aura mécru délibérément en Allah et rejeté le message des Prophètes aura comme rétribution le Feu de l’Enfer :

إِنَّا أَعْتَدْنَا لِلظَّالِمِينَ نَارًا أَحَاطَ بِهِمْ سُرَادِقُهَا

 Nous avons préparé pour les injustes un Feu dont les flammes les cernent﴿iv

إِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَلَاسِلَ وَأَغْلَالًا وَسَعِيرًا ۝ إِنَّ الْأَبْرَارَ يَشْرَبُونَ مِن كَأْسٍ كَانَ مِزَاجُهَا كَافُورًا

Nous avons préparé pour les infidèles des chaînes, des carcans et une fournaise ardente. Les vertueux boiront d’une coupe dont le mélange sera de camphre,﴿v

رُّسُلًا مُّبَشِّرِينَ وَمُنذِرِينَ لِئَلَّا يَكُونَ لِلنَّاسِ عَلَى اللَّهِ حُجَّةٌ بَعْدَ الرُّسُلِ ۚ وَكَانَ اللَّهُ عَزِيزًا حَكِيمًا

[Nous avons suscité ces] messagers pour annoncer [le Paradis] et avertir [contre l’Enfer], afin qu’après la venue des messagers, les hommes n’aient plus d’argument à opposer à Allah. Allah est puissant et sage.﴿vi

  • Les conditions de la shahadah (l’attestation de foi)

Pour qu’une personne entre dans l’Islam et devienne musulmane, elle doit prononcer l’attestation de foi : la shahadah, qui consiste à affirmer qu’il n’y a de dieu qui mérite d’être adoré sauf Allah et que Muhammad est Son Messager :

لآ اِلَهَ اِلّا اللّهُ مُحَمَّدٌ رَسُوُل اللّهِ

لآ اِلَهَ اِلّا اللّهُ : [Lâ illâha illâ -llâh] Il n’y a, en vérité, de divinité digne d’adoration si ce n’est Allah

مُحَمَّدٌ رَسُوُل اللّهِ : [Muhammadun rasûlu-llâh] Muhammad est le Messager d’Allah

Pour que cette attestation soit valide, il est nécessaire que certaines conditions soient remplies, les savants musulmans les listent de la manière suivante vii :

 
Illustration 2: Les conditions de la shahadah

  1. العلم : La connaissance (science) de sa signification et de son sens avec la négation et l’affirmation qu’elle comprend et qui exclut l’ignorance

  2. اليقين : La certitude. Celui qui prononce cette parole doit être convaincu par la signification de cette parole, car s’il doute de ce qu’elle implique, elle ne lui sera d’aucune utilité

  3. القبول : L’acceptation de ce qu’implique cette attestation en vouant l’adoration à Allah Seul et en délaissant ce qui est adoré en dehors de Lui.

  4. الانقياد : La soumission, en vouant un culte exclusif à Allah

  5. الصدق : La franchise (la véridicité) qui est incompatible avec le mensonge. C’est le fait de prononcer cette parole avec l’approbation du cœur, car s’il la prononce avec sa langue, sans l’approuver par son cœur, il fait alors partie des hypocrites et des menteurs

  6. الإخلاص : La sincérité sans associations. Purifier les actes de toutes impuretés de Shirk, et de ne pas vouloir (via la shahadah) les plaisirs de la vie d’ici-bas, ni ostentation et ni notoriété

  7. المحبة : L’amour, c’est-à-dire, l’amour pour cette parole, ce qu’elle signifie ainsi que pour ceux qui mettent en pratique ce qu’elle implique

On s’aperçoit donc que pour que l’attestation de foi d’une personne soit valide, il faut qu’elle la prononce en l’acceptant, en étant véridique, sincère et par amour. Une attestation de foi sans connaître sa signification ou sans réelle conviction est donc d’aucune utilité.

Une personne qui prétend que les musulmans ont forcé les habitants des pays qu’ils ont conquis, à accepter l’Islam sous la menace d’être exécuté, ne mets en avant uniquement son ignorance de l’Islam, de ses règles, conditions et ses fondements. Gustave Le Bon, un historien français, écrit :

« Lorsque nous étudierons la conquête des Arabes, et tâcherons de mettre en relief les causes qui ont déterminé leur succès, nous verrons que la force ne fut pour rien dans la propagation du Coran, car les arabes laissèrent toujours les vaincus libres de conserver leur religion.

Si des peuples chrétiens se convertissent à la religion de leurs vainqueurs et finirent par adopter leur langue, ce fut surtout parce que ces nouveaux conquérants se montrèrent plus équitables pour eux que ne l’avaient été leurs anciens maîtres, et parce que leur religion était d’une grande simplicité que celle qu’on leur avait enseignée jusqu’alors. S’il est un fait bien prouvé par l’histoire, c’est qu’une religion ne s’impose jamais par la force. Lorsque les Arabes d’Espagne ont été vaincus par les chrétiens, ils ont préféré se laisser tuer et expulser jusqu’au dernier plutôt que de changer de culte.

Loin donc d’avoir été imposé par la force, le Coran ne s’est répandu que par la persuasion. Il est évident d’ailleurs que la persuasion seule pouvait amener les peuples qui ont vaincu plus tard les Arabes, comme les Turcs et les Mongols, à l’adopter. Dans l’Inde, où les Arabes n’ont fait en réalité que passer, le Coran s’est tellement répandu qu’il compte aujourd’hui plus de cinquante millions de sectateurs (Ndlr: 225 millions en 2020). Leur nombre s’élève chaque jour ; et, bien que les Anglais soient aujourd’hui les souverains du pays, bien qu’ils y entretiennent une véritable armée de missionnaires destinés à convertir au christianisme les mahométans (Ndlr: les musulmans), on ne connaît pas un seul exemple authentique de conversion ayant couronné leur efforts. »viii

Analysons désormais, une notion incomprise par la plupart des gens, musulmans et non-musulmans; qui est la notion du Jihâd en Islam.

 

                                                                                                                

 

En langue arabe, Jihâd est dérivé de « juhd », qui signifie s’efforcer de faire quelque chose, lutter ou résister. Le terme « ijtihâd » est un autre dérivé de « juhd », qui signifie s’efforcer de comprendre les lois islamiques et d’y extraire un jugementix, le Prophète nous explique :

« إِذَا حَكَمَ الْحَاكِمُ فَاجْتَهَدَ ثُمَّ أَصَابَ فَلَهُ أَجْرَانِ .‏ وَإِذَا حَكَمَ فَاجْتَهَدَ ثُمَّ أَخْطَأَ فَلَهُ أَجْرٌ« ‏

« Lorsque le juge rend sa sentence en fournissant un effort de déduction (Ijtihâd), puis a raison, il aura deux récompenses ; s’il rend sa sentence en fournissant un effort de déduction, puis se trompe, il aura une récompense. »x

En Islam, Jihâd signifie lutter et s’efforcer afin de faire promouvoir la cause d’Allah. Ce terme ne renvoie donc pas uniquement au combat physique, il peut donc être utilisé dans d’autres contextes que la guerre, le hadith suivant en est l’exemple :

أَنَّ رَجُلًا سَأَلَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَيُّ الْجِهَادِ أَفْضَلُ قَالَ كَلِمَةُ حَقٍّ عِنْدَ سُلْطَانٍ جَائِرٍ

Un homme demanda au Messager d’Allah : « Quel est le meilleur Jihâd ? » Le Prophète répondit : « Une parole véridique devant un dirigeant tyrannique »xi

  
Illustration 3: Une parole véridique devant un tyran est le meilleur Jihâd

إِنَّمَا الْمُؤْمِنُونَ الَّذِينَ آمَنُوا بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ ثُمَّ لَمْ يَرْتَابُوا وَجَاهَدُوا بِأَمْوَالِهِمْ وَأَنفُسِهِمْ فِي سَبِيلِ اللَّهِ ۚ أُولَٰئِكَ هُمُ الصَّادِقُونَ

Les vrais croyants sont seulement ceux qui croient en Allah et en Son messager, qui par la suite ne doutent point et qui luttent avec leurs biens et leurs personnes dans le chemin d’Allah. Ceux-là sont les véridiques.﴿xii

Les savants listent les différentes formes de Jihâd que chaque musulman doit y prêter attention : Jihâd an Nafs (lutter contre son âme) et Jihâd Ash-Shaytan (lutter contre le diable)xiii.

  • Jihâd an Nafs signifie :
  1. S’efforcer d’apprendre les enseignements de l’Islam, avec quoi un individu pourra atteindre le bonheur et le succès dans ce bas-monde et l’au-delà

  2. S’efforcer de mettre en pratique ce que la personne a acquise comme connaissances, la connaissance sans l’acte ne lui sera d’aucun bénéfices

  3. S’efforcer d’appeler les gens à l’Islam et apprendre aux gens les enseignements de l’Islam, le but étant de ne pas dissimuler la révélation d’Allah qui est destinée à l’ensemble de l’humanité

  4. S’efforcer de patienter lorsque les difficultés se présentent lorsqu’on appelle les gens à l’Islam, rester patient aux insultes, moqueries, injures, aux diffamations…etc

Nous devons lutter et tenir fermement les reines de notre âme car, car de par sa nature l’âme est attirée par le mal :

إِنَّ النَّفْسَ لَأَمَّارَةٌ بِالسُّوءِ

car l’âme est très incitatrice au mal﴿xiv

  • Jihâd Ash-Shaytan est constitué de :
  1. La dissipation des doutes insufflés par Satan, qui peuvent remettre en question notre foi

  2. Lutte contre les mauvaises passions et désirs qui peuvent être provoqués par le diable

Les doutes et les passions sont les deux moyens qui sont utilisés par Satan pour égarer une personne du droit chemin, de ce fait, chaque musulman doit y prêter attention afin de ne pas tomber dans son piège et de suivre ses pas et chercher protection auprès d’Allah :

وَإِمَّا يَنزَغَنَّكَ مِنَ الشَّيْطَانِ نَزْغٌ فَاسْتَعِذْ بِاللَّهِ ۖ إِنَّهُ هُوَ السَّمِيعُ الْعَلِيمُ

Et si jamais le Diable t’incite (à agir autrement), alors cherche refuge auprès d’Allah; c’est Lui, vraiment l’Audient, l’Omniscient.﴿xv

  • Jihâd dans le sentier d’Allah

Parmi ces formes de Jihâd, il y a une forme qui renvoie à la notion de lutte physique, lorsqu’on ajoute le suffixe : « dans le sentier d’Allah ».

Par définition, une religion est un ensemble de croyances qui va entraîner un ensemble de lois et d’actions. Cette religion islamique est une croyance ferme que l’adoration n’est destinée à Allah seul sans rien Lui associer, Allah qui possède tout les attributs de perfection, et qui est exempt de toute imperfections. Cette religion est un système juste et complet qui détient la réponse à tout les problèmes que l’homme peut rencontrer, en tant qu’individu, en tant que membre de la société, en temps de guerre comme en temps de paix, lorsqu’il interagit avec sa famille, voisins, amis et ennemis. En résumé, c’est un système qui comporte des devoirs, des mœurs et tout les aspects politiques, sociaux, moraux et économiques.

Concernant la définition de la communauté (Ummah) musulmane, elle n’est pas synonyme au terme « nation » qui est utilisé par des sociologues pour définir un groupe de personnes qui ont des intérêts communs et une origine raciale commune. La communauté musulmane inclut tout individu qui croit en cette religion, peu importe sa race, couleur, origine, sexe ou nation.xvi C’est avec cela, que les êtres humains peuvent atteindre la vraie fraternité et éradiquer toutes formes de racisme, le Prophète nous dit :

مَثَلُ الْمُؤْمِنِينَ فِي تَوَادِّهِمْ وَتَرَاحُمِهِمْ وَتَعَاطُفِهِمْ مَثَلُ الْجَسَدِ إِذَا اشْتَكَى مِنْهُ عُضْوٌ تَدَاعَى لَهُ سَائِرُ الْجَسَدِ بِالسَّهَرِ وَالْحُمَّ

« L’exemple des croyants dans leur amour, leur miséricorde et leur affection mutuels est celui du corps. Si un des membres souffre, tout le corps y répond par la veillée et la fièvre. »xvii

Avec ces deux définitions de religion et de communauté, on s’aperçoit que l’Islam n’est pas une religion au sens étroit et que la communauté musulmane n’est pas une nation au sens étroit.

L’Islam ne donne pas préférence à une nation sur une autre et ne cherche pas qu’une nation se soulève contre une autre. D’un point de vue islamique, qu’un territoire soit gouverné par une personne ou un peule spécifique est insignifiant et sans importance. L’objectif de l’Islam est le bonheur et le bien-être de l’humanité. De ce fait, le Jihâd est en place, non pas pour massacrer des vies, ou pour des intérêts personnels, ou à des fins matériels et des intentions égoïstes, mais pour répandre la vérité, convier la religion d’Allah à l’humanité et établir la loi d’Allah et la justice sur Sa Terre, c’est ce que le Prophète nous enseigna, lorsqu’il envoya ‘Ali رضي الله عنه en tant que commandant durant la bataille de Khaybar :

فَقَالَ عَلِيٌّ يَا رَسُولَ اللَّهِ أُقَاتِلُهُمْ حَتَّى يَكُونُوا مِثْلَنَا فَقَالَ ‏« انْفُذْ عَلَى رِسْلِكَ حَتَّى تَنْزِلَ بِسَاحَتِهِمْ، ثُمَّ ادْعُهُمْ إِلَى الإِسْلاَمِ، وَأَخْبِرْهُمْ بِمَا يَجِبُ عَلَيْهِمْ مِنْ حَقِّ اللَّهِ فِيهِ، فَوَاللَّهِ لأَنْ يَهْدِيَ اللَّهُ بِكَ رَجُلاً وَاحِدًا خَيْرٌ لَكَ مِنْ أَنْ يَكُونَ لَكَ حُمْرُ النَّعَمِ

Ali رضي الله عنه demanda : « Ô Messager d’Allah ! Je les combat jusqu’à ce qu’ils soient comme nous ? » Le Prophète répondit : « Avance doucement jusqu’à arriver à leur territoire puis appelle les à l’Islam et informe de ce qui leur est obligatoire concernant le droit d’Allah. Car je jure par Allah, qu’Allah guide à travers toi un seul homme est meilleur pour toi que de posséder des chamelles rousses. »xviii

Les compagnons qui sont les meilleurs des hommes après le Prophète avaient bien compris cela; Rabi’ Ibn ‘Âmir ضي الله عنه, avant la bataille de Qadisiyah, alla à la rencontre de Rostam, le général de l’armée byzantine, lorsque ce dernier demanda au noble compagnon pour quelle raison il était venu, Rabi’ répondit :

« Allah nous a envoyé, pour extraire les gens de leur servitude humiliante aux hommes vers la servitude auprès du Seigneur des hommes, pour les faire sortir de la tyrannie des (fausses) religions vers la justice de l’Islam, et pour tirer les hommes des constrictions de ce bas-monde vers la largeur de l’au-delà !»xix

Par ailleurs, nous avons vu dans l’article : [Article 13-1] Islam, entre mythes et réalité : « La Shariah est barbare !» comment la Shariah permet d’établir la justice, de limiter les crimes et les injustices et préserver les valeurs morales de la société. Il faut d’ailleurs savoir que la pire des injustices est le fait de donner un associé à Allah :

إِنَّ الشِّرْكَ لَظُلْمٌ عَظِيمٌ

l’association à [Allah] est vraiment une injustice énorme.﴿xx

Naturellement, le musulman déteste le mal et les injustices et lutte contre celles-ci selon ses capacités, dans le cadre établit par la loi islamique :

« ‏ مَنْ رَأَى مِنْكُمْ مُنْكَرًا فَلْيُغَيِّرْهُ بِيَدِهِ فَإِنْ لَمْ يَسْتَطِعْ فَبِلِسَانِهِ فَإِنْ لَمْ يَسْتَطِعْ فَبِقَلْبِهِ وَذَلِكَ أَضْعَفُ الإِيمَانِ ‏« 

« Celui d’entre vous qui voit une action blâmable, qu’il la change avec sa main ; s’il n’en est pas capable, avec sa langue ; s’il n’en est pas capable, avec son coeur, et c’est là le plus faible [degré de la] foi !»

Le Jihâd est donc réalisé pour ces principes et idéaux et non pas pour qu’une nation monopolise les biens et les ressources. Toute l’humanité, sous la loi islamique, se partagera avec justice et équité les biens et les ressources de ce monde. En effet, le suffixe « dans le sentier d’Allah » est une expression qui implique que les œuvres ne sont réalisées pour Allah Seul, inaltérées avec des intentions égoïstes ou plaisirs mondains. Il ne doit pas interférer avec nos désirs et intérêts personnels. La seule cible doit être l’établissent d’un système intègre qui répand la justice et défend la vérité.xxi

Le Jihâd étant un acte d’adoration, pour qu’il soit valide auprès d’Allah, il faut qu’il respecte deux conditions :

  1. Cet acte doit être fait sincèrement pour Allah seulement
  2. et doit être en concordance avec la Sunnah du Prophète

عَنْ أَبِي مُوسَى ـ رضى الله عنه ـ قَالَ جَاءَ رَجُلٌ إِلَى النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم فَقَالَ الرَّجُلُ يُقَاتِلُ لِلْمَغْنَمِ، وَالرَّجُلُ يُقَاتِلُ لِلذِّكْرِ، وَالرَّجُلُ يُقَاتِلُ لِيُرَى مَكَانُهُ، فَمَنْ فِي سَبِيلِ اللَّهِ قَالَ ‏ «  مَنْ قَاتَلَ لِتَكُونَ كَلِمَةُ اللَّهِ هِيَ الْعُلْيَا فَهُوَ فِي سَبِيلِ اللَّهِ « ‏‏

Abu Moussa رضي الله عنه, a dit : « Un homme vint trouver le Prophète et lui dit : « Il y a des hommes qui combattent pour le butin, d’autres pour la gloire, d’autres par ostentation. Mais quel est celui qui se trouve sur le chemin d’Allah ? ». Le Prophète répondit : « Celui qui combat pour que la parole d’Allah soit au-dessus de tout, celui-là est sur le chemin d’Allah. »xxii

De ce fait, l’intention de celui qui lutte dans le chemin d’Allah ne doit pas être altéré avec de l’ostentation ou des intérêts mondains, si c’est le cas, ce sacrifice et cet effort peuvent se transformer en châtiment dans l’au-delà, pour celui qui l’entreprend :

إِنَّ أَوَّلَ النَّاسِ يُقْضَى يَوْمَ الْقِيَامَةِ عَلَيْهِ رَجُلٌ اسْتُشْهِدَ فَأُتِيَ بِهِ فَعَرَّفَهُ نِعَمَهُ فَعَرَفَهَا قَالَ فَمَا عَمِلْتَ فِيهَا قَالَ قَاتَلْتُ فِيكَ حَتَّى اسْتُشْهِدْتُ ‏.‏ قَالَ كَذَبْتَ وَلَكِنَّكَ قَاتَلْتَ لأَنْ يُقَالَ جَرِيءٌ ‏.‏ فَقَدْ قِيلَ ‏.‏ ثُمَّ أُمِرَ بِهِ فَسُحِبَ عَلَى وَجْهِهِ حَتَّى أُلْقِيَ فِي النَّارِ

« La première personne à être condamnée le Jour de la Résurrection sera un homme mort en martyr. On le fera venir et Allah lui montrera Ses faveurs qu’il reconnaîtra. Il demandera : « Qu’en as-tu fait ? » L’homme répondra : « J’ai combattu pour Toi jusqu’à ce que je tombe martyr. » Allah rétorquera : « Tu mens ! Tu as plutôt combattu pour qu’on dise que tu es courageux, et on l’a dit ». Puis, on donnera l’ordre et il sera traîné sur son visage jusqu’à être jeté en Enfer. »xxiii

  • Jihâd Talab et Jihâd Daf’

Le Jihâd dans le sentier d’Allah, peut se diviser en deux types : Jihâd Talab et Jihâd Daf’, les savants résument cela de la sorte :

« Le Jihâd, selon les gens de la Sunnah qui ont hérité du Prophète Muhammad la bonne compréhension de la religion, de l’adoration et des affaires sociales, est de deux types :

  1. Le Jihâd Talab (offensif)
  2. Le Jihâd Daf’ (défensif)

Le Jihâd Talab (offensif) est le fait de mobiliser les troupes, expédier des armées et préparer suffisamment d’équipements afin de lutter contre quiconque les entoure parmi les mécréants dans le but de préserver la parole d’Allah. Et ceci est une fonction spécifique au gouverneur musulman. Il est celui qui appel à cela, qui l’établit et qui le dirige. Ou sinon il peut désigner quelqu’un qui dirigera un détachement militaire pour celui-ci. […]

Le second type est le Jihâd Daf’ (défensif), il sert à se défendre contre les assaillants et les transgresseurs. Ainsi quand un assaillant et un transgresseur parmi les mécréants attaque un pays musulman, il est permis au peuple de ce pays de se défendre et de résister à cette attaque afin de mettre un terme à son mal et réfuter sa tromperie. Et la condition nécessaire à cela est qu’ils doivent avoir la capacité et la force de le faire. S’ils ont la capacité et la force de le faire, ils peuvent se mobiliser afin de se défendre contre les invasions des transgresseurs, mettre un terme à leurs ambitions et rejeter leur tyrannie. 

Et s’ils n’ont ni la capacité, ni la force pour cela, alors ils ont deux possibilités : Ils peuvent soit fuir avec leur religion et leur honneur vers une destination où ils seront en sécurité ou soit demander un traité de paix avec cet ennemi tyrannique, faire des contrats et trouver des accords avec lui afin de préserver et sauvegarder le territoire du peuple de l’Islam. »xxiv

On peut donc résumer cela sous la forme suivante :

 

Jihâd Talab

Jihâd Daf’

Quoi ?

Jihâd offensif : Lutter pour propager la religion d’Allah, la vérité et la justice

Jihâd défensif : Lutter pour préserver sa religion, ses biens, sa vie et honneur

Quand ?

Lorsque le calife, gouverneur musulman légitime, fait un appel au Jihâd

Lorsqu’il y a un danger pour les résidents d’un pays musulman et que le gouverneur mobilise les gens. Ou lorsqu’il y a une menace imminente pour la communauté musulmane ou sa propre personne.

Qui ?

Fard Kifayah : c’est une obligation collective, une partie des musulmans doit y participer

Fard ‘Ayn : c’est une obligation individuelle, obligatoire pour tous les musulmans aptes de ce pays

On comprend donc que le Jihâd offensif dans le sentier d’Allah doit se faire sous l’étendard d’un gouvernement musulman légitime ; c’est donc une condition. De ce fait, des individus et des groupes auto-proclamés ne peuvent pas faire le Jihâd d’eux-même.

Parmi les conditions du Jihâd, la capacité et l’aptitude en fait partie, si l’on est pas capable de lutter dans le sentier d’Allah, il faut avoir recours à un accord de paix.

⚠ Remarque

Le terrorisme n’est pas du Jihâd, pour plus de détails, voir Article 9 : L’Islam et le terrorisme.

Par contre, la lutte contre le terrorisme est une forme de Jihâd.xxv

 

Le Prophète a ordonné à l’armée musulmane, lorsqu’elle rencontre l’armée ennemie de tout d’abord les inviter à l’Islam, en leur expliquant les piliers de la religion islamique et les appelant à accepter la révélation divine. Si les non-musulmans refusent, ils peuvent signer un traité de paix et conserver leur religion tout en payant la Jizyaxxvi, afin de bénéficier des avantages et de la protection du gouvernement islamique. S’ils refusent aussi cette option, en obstruant la propagation de la parole d’Allah et refusent tout accord de paix, c’est à ce moment là que le combat sera déclaré entre les deux armées respectives :

وَإِذَا لَقِيتَ عَدُوَّكَ مِنَ الْمُشْرِكِينَ فَادْعُهُمْ إِلَى ثَلاَثِ خِصَالٍ أَوْ خِلاَلٍ فَأَيَّتُهُنَّ مَا أَجَابُوكَ فَاقْبَلْ مِنْهُمْ وَكُفَّ عَنْهُمْ ثُمَّ ادْعُهُمْ إِلَى الإِسْلاَمِ فَإِنْ أَجَابُوكَ فَاقْبَلْ مِنْهُمْ وَكُفَّ عَنْهُمْ ثُمَّ ادْعُهُمْ إِلَى التَّحَوُّلِ مِنْ دَارِهِمْ إِلَى دَارِ الْمُهَاجِرِينَ وَأَخْبِرْهُمْ أَنَّهُمْ إِنْ فَعَلُوا ذَلِكَ فَلَهُمْ مَا لِلْمُهَاجِرِينَ وَعَلَيْهِمْ مَا عَلَى الْمُهَاجِرِينَ فَإِنْ أَبَوْا أَنْ يَتَحَوَّلُوا مِنْهَا فَأَخْبِرْهُمْ أَنَّهُمْ يَكُونُونَ كَأَعْرَابِ الْمُسْلِمِينَ يَجْرِي عَلَيْهِمْ حُكْمُ اللَّهِ الَّذِي يَجْرِي عَلَى الْمُؤْمِنِينَ وَلاَ يَكُونُ لَهُمْ فِي الْغَنِيمَةِ وَالْفَىْءِ شَىْءٌ إِلاَّ أَنْ يُجَاهِدُوا مَعَ الْمُسْلِمِينَ فَإِنْ هُمْ أَبَوْا فَسَلْهُمُ الْجِزْيَةَ فَإِنْ هُمْ أَجَابُوكَ فَاقْبَلْ مِنْهُمْ وَكُفَّ عَنْهُمْ فَإِنْ هُمْ أَبَوْا فَاسْتَعِنْ بِاللَّهِ وَقَاتِلْهُمْ

« Quand tu rencontreras tes ennemis parmi les polythéistes, invite-les à trois caractéristiques et agrée celle qu’ils accepteront et épargne-les ! Invite-les à l’Islam ! S’ils répondent favorablement, accepte-le et épargne-les ! Puis, invite-les à quitter leur pays pour celui des Emigrés ! Informe-les que s’ils font cela, ils auront les même droits et devoirs que les Emigrés ! S’ils refusent de quitter leur pays, informe-les qu’ils seront comme les bédouins musulmans. La loi d’Allah qui s’applique aux croyants s’appliquera à eux. Ils n’auront aucune part du butin et du tribut, sauf s’ils combattent aux côtés des musulmans.

S’ils refusent, demande-leur la Jizya ! S’ils y consentent, accepte-la et épargne-les ! S’ils refusent, implore l’aide d’Allah et combats-les !« xxvii

 
Illustration 4: La Jizya et la Zakât contribuent au bon fonctionnement du gouvernement musulman

La Jizya est un frais de service que le gouvernement musulman récolte aux résidents non-musulman du pays, appelé « dhimmis »*. Effectivement, le non-musulman résidant dans un pays musulman bénéficie de tout les avantages, de la justice et de la protection fournis par ce gouvernement, et étant donné qu’il n’est pas musulman et donc ne donne pas la Zakât* et ne participe pas à la défense du pays, il contribue d’une autre manière : via la Jizya.xxviii La Jizya est généralement inférieure à la Zakât.

Pour mieux comprendre la Jizya, on peut regarder le système d’impôts qui existe en France, une personne qui gagne une certaine somme d’argent, qui dépasse un seuil précis, doit payer des impôts au gouvernement français. De même, si cette personne fait un don à des organismes d’intérêts général, elle perçoit une réduction d’impôtsxxix. De la même manière, les musulmans d’un pays musulmans contribuent avec la Zakât et ne payent donc pas la Jizya et les non-musulmans, à qui le gouvernement n’impose pas la Zakât, contribuent avec la Jizya. Mais aussi, si la protection des résidents non-musulmans ne peut pas être assuré par le gouvernement, la Jizya ne leur sera pas prélevée, et elle leur sera rendue si elle a été prélevée au préalable.

Note

*Dhimmi : un non-musulman vivant sous un gouvernement islamique

*Zakât : un des cinq piliers de l’Islam, consiste à verser une aumône aux personnes dans le besoin, une fois dans l’année si notre richesse dépasse un certain seuil. Exemple : Si une personne a en sa possession une somme d’argent pendant toute une année lunaire complète et dépassant le nissab (85g d’or), elle doit payer 2,5 % de cette richesse aux personnes suivantes :

إِنَّمَا الصَّدَقَاتُ لِلْفُقَرَاءِ وَالْمَسَاكِينِ وَالْعَامِلِينَ عَلَيْهَا وَالْمُؤَلَّفَةِ قُلُوبُهُمْ وَفِي الرِّقَابِ وَالْغَارِمِينَ وَفِي سَبِيلِ اللَّهِ وَابْنِ السَّبِيلِ ۖ فَرِيضَةً مِّنَ اللَّهِ ۗ وَاللَّهُ عَلِيمٌ حَكِيمٌ

Les Sadaqâts ne sont destinés que pour les pauvres, les indigents, ceux qui y travaillent, ceux dont les cœurs sont à gagner (à l’Islam), l’affranchissement des jougs, ceux qui sont lourdement endettés, dans le sentier d’Allah, et pour le voyageur (en détresse). C’est un décret d’Allah! Et Allah est Omniscient et Sage.﴿xxx

 

Il faut comprendre que la norme en Islam est la paix et que le combat est l’exception ; le combat intervient uniquement lorsqu’il n’y a plus de voies menant à tout types d’accords de paix. Le Prophète nous dit :

يَا أَيُّهَا النَّاسُ لاَ تَتَمَنَّوْا لِقَاءَ الْعَدُوِّ وَاسْأَلُوا اللَّهَ الْعَافِيَةَ فَإِذَا لَقِيتُمُوهُمْ فَاصْبِرُوا وَاعْلَمُوا أَنَّ الْجَنَّةَ تَحْتَ ظِلاَلِ السُّيُوفِ

« Ô gens ! Ne souhaitez pas la rencontre de l’ennemi et demandez à Allah de vous sauvegarder ! Quand vous les rencontrez, soyez endurants et sachez que le Paradis se trouve à l’ombre des sabres !»xxxi

En Islam, la guerre ne peut être initiée seulement dans un des cas suivantsxxxii :

  1. Pour défendre nos vies, honneur, nos biens et les terres musulmanes
  2. Pour enlever les barrières qui empêchent à l’humanité de connaître la révélation divine et le monothéisme et la justice de la religion islamique
  3. Arrêter l’oppression et la torture des musulmans, mettre fin à l’entrave du chemin de celui qui souhaite accepter l’Islam et l’empêchement de pouvoir prêcher et pratiquer l’Islam

J’aimerai rappeler que parmi les guerres faites par le Prophète durant ses dix années passées à Médinexxxiii, la plupart étaient faites par légitime défense. Durant cette période, les musulmans étaient constamment sous la menace d’une attaque, de braquage armés et de différentes formes d’oppressions. Le nombre total de combattants non-musulmans tués durant ces batailles est inférieur à 2 000 soldats. Très loin des chiffres que l’on peut observer lors des différentes conquêtes brutales et guerres destructives par les occidentaux. Au 20e siècle seulement, le nombre de personnes tués dans les guerres est de 108 millions.xxxiv

À noter que toutes les civilisations (ex. romainesxxxv, byzantinesxxxvi) se sont propagées via des conquêtes, souvent très violentes. De même, aujourd’hui la majorité des pays (notamment les puissances occidentales) disposent d’une grande armée ayant un arsenal très large et allouent pour cela une part conséquente de leur budget. Leur but est de forcer les idéologies occidentales, telles que la « liberté » et la « démocratie », dans les pays en développements et bien sûr au passage s’approprier les ressources naturelles et les richesses de ces pays.

  • Les règles du Jihâd

وَقَاتِلُوا فِي سَبِيلِ اللَّهِ الَّذِينَ يُقَاتِلُونَكُمْ وَلَا تَعْتَدُوا ۚ إِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ الْمُعْتَدِينَ

Combattez dans le sentier d’Allah ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes, Allah n’aime pas les transgresseurs!﴿xxxvii

Cependant, en Islam le Jihâd comporte des règles bien précises, à respecter rigoureusement. Dans un premier temps, il faut rappeler que le Jihâd en Islam a lieu dans un champ de bataille entre deux armées et non contre des civils.

Shaykh Abdul Rahman as-Sa’di dit : « L’interdiction de commettre des transgressions (dans le verset plus haut) comprends toutes types d’agressions : le fait de tuer des civils, les femmes, les malades mentaux, les enfants, les moines…etc. En plus de cela, sont inclut la mutilation des morts et l’abattage des animaux, le fait de couper les arbres et des actes similaires qui ne profitent en rien aux musulmans. Parmi les actes de transgression, est que les musulmans rejettent l’offre des non-musulmans de payer la Jizya et continuent à les combattre. »xxxviii

 
Illustration 5: Les règles du Jihâd en Islam

 

  • Ne pas trahir, mutiler les morts ou tuer les enfants

وَلاَ تَغْدِرُوا وَلاَ تَمْثُلُوا وَلاَ تَقْتُلُوا وَلِيدًا

«Ne trahissez pas, ne mutilez pas et ne tuez aucun enfant !»xxxix

  • Ne pas tuer les ermites, femmes, enfants, personnes âgées. Ne pas couper les arbres utiles, ne pas détruire les maisons habitées, ne pas égorger inutilement les animaux…etc.

إِنَّكَ سَتَجِدُ قَوْمًا زَعَمُوا أَنَّهُمْ حَبَّسُوا أَنْفُسَهُمْ لِلَّهِ فَذَرْهُمْ وَمَا زَعَمُوا أَنَّهُمْ حَبَّسُوا أَنْفُسَهُمْ لَهُ

[…]

وَإِنِّي مُوصِيكَ بِعَشْرٍ لاَ تَقْتُلَنَّ امْرَأَةً وَلاَ صَبِيًّا وَلاَ كَبِيرًا هَرِمًا وَلاَ تَقْطَعَنَّ شَجَرًا مُثْمِرًا وَلاَ تُخَرِّبَنَّ عَامِرًا وَلاَ تَعْقِرَنَّ شَاةً وَلاَ بَعِيرًا إِلاَّ لِمَأْكُلَةٍ وَلاَ تَحْرِقَنَّ نَحْلاً وَلاَ تُفَرِّقَنَّهُ وَلاَ تَغْلُلْ وَلاَ تَجْبُنْ

Abu Bakr as Siddiq رضي الله عنه conseille son commandant en disant : « Tu vas rencontrer des gens qui se considèrent comme des ermites qui consacrent leur âme à Allah. Laisse-les mener leur vie tranquillement. […] Ne tue pas les femmes, ni les enfants, ni les personnes très âgées ; ne coupe pas d’arbre fruitier ; ne détruis aucune maison habitée ; n’égorge aucune brebis, ni aucun chameau, sauf pour manger de sa chair ; ne brûle pas les dattiers et ne brûle pas les abeilles et ne les noies pas ; ne t’appropries pas indûment une part du butin et ne fléchis pas ».xl

  • S’occuper correctement des prisonniers

وَيُطْعِمُونَ الطَّعَامَ عَلَىٰ حُبِّهِ مِسْكِينًا وَيَتِيمًا وَأَسِيرًا

et offrent la nourriture, malgré son amour, au pauvre, à l’orphelin et au prisonnier,﴿xli

La conversion à l’Islam de Thumâmah ibn Uthâl رضي الله عنه, prouve le bon traitement que réserve l’Islam aux prisonniers. Suite à sa liberté après être resté attaché durant trois jours à un des piliers de Masjid an Nabawi, Thumâmah accepta l’Islam et prononça ces mots au Prophète  :

« Par Allah ! Ô Muhammad jusqu’ici aucun visage d’homme sur terre ne m’était plus odieux que le tien, et maintenant ton visage est celui de tous que j’aime le plus. Par Allah, aucune religion ne m’était plus odieuse que la tienne, et maintenant ta religion est celle de toutes que j’aime le plus. »xlii

  • Ne pas tuer celui qui se rend et vient en paix

وَإِنْ أَحَدٌ مِّنَ الْمُشْرِكِينَ اسْتَجَارَكَ فَأَجِرْهُ حَتَّىٰ يَسْمَعَ كَلَامَ اللَّهِ ثُمَّ أَبْلِغْهُ مَأْمَنَهُ ۚ ذَٰلِكَ بِأَنَّهُمْ قَوْمٌ لَّا يَعْلَمُونَ

Et si l’un des associateurs te demande asile, accorde-le lui, afin qu’il entende la parole d’Allah, puis fais-le parvenir à son lieu de sécurité. Car ce sont des gens qui ne savent pas.﴿xliii

On s’aperçoit donc que « Jihâd » ne signifie pas « guerre sainte », cela peut décevoir certains mais ce terme fut utilisé durant les croisades par les européens lorsqu’ils envahirent Jérusalem et massacrèrent musulmans, juifs, chrétiens (aussi), femmes et enfants sans distinctions. Mais aussi, on s’aperçoit que le terme Jihâd ne fait pas toujours référence à la lutte physique et lorsque c’est le cas, elle est encadrée avec des conditions et des règles bien précises.

 

                                                                                                                              

 

Nous allons maintenant analyser comment les conquêtes musulmanes permettent aux villes, pays et habitants conquis de prospérer et de se développer tout en préservant leur langues et cultures, tandis que les conquêtes occidentales sont souvent synonymes d’effacement de l’héritage culturel et d’assimilation forcée.

 
Illustration 6: Calendrier de l’empire Ottoman tenant en compte des différentes cultures qui la constitue

 

  • Bagdad, capitale du califat islamique

« La période brillante de la civilisation musulmane commença aussitôt que leur conquête fut achevée. L’activité qu’ils avaient d’abord dépensée dans leurs combats, ils la tournèrent vers les lettres, les sciences, l’industrie ; et leurs progrès dans les arts pacifiques furent aussi rapides qu’ils l’avaient été dans les arts guerriers.

  
Illustration 7: Bagdad, capitale du califat abbasside

Damas avait remplacé Médine comme capitale de l’empire arabe sous les califes ummayâdes. Lorsqu’en 132 de l’Hégire (740 G) les Abbassides arrivèrent au pouvoir, ils résolurent de changer la capitale, et fondèrent près de Babylone, sur le titre, la ville de Bagdad, qui devint bientôt la plus célèbre des cités de l’Orient.

Ce fût sous le règne d’Hâroun ar-Rachîd (786-809 G) et sous celui de sont fils al Ma’moun (813-833 G), que Bagdad atteignit le plus haut point de prospérité et devint la plus importante des villes de l’Orient. 

Illustration 8: Le Califat Abbasside

 

Monté sur le trône à l’âge de 23 ans, Hâroun ar-Rachid s’occupa bientôt d’organiser toutes les parties de son vaste empire. Un système régulier de communications relia toutes les parties de ses États : des relais toujours préparés permettaient aux courriers de franchir rapidement de grandes distances.

Chaque province avait un gouverneur dépendant de l’autorité centrale. L’administration des revenus de l’État était très régulière. Suivant les chroniqueur arabes, le total des revenus du califat atteignait annuellement 200 millions de francs, somme énorme pour l’époque.

Toutes les décisions du calife étaient enregistrées et consignées dans des archives afin de pouvoir être consultées par leurs successeurs. La police municipale était organisée avec autant de soin que l’avaient été les services des postes et des finances. Les marchands étaient réunis en syndicats responsables, chargés de surveiller les transactions commerciales et réprimer les fraudes.

Le bon état des finances sous les califes abbassides leur permit d’entreprendre de grand travaux d’utilité publique. Des routes furent construites. Des caravansérails, des mosquées, des hôpitaux, des écoles s’élevèrent de tous côtés notamment à Baghdad, Bassorah, Mossoul etc.»xliv

Et comment parler de Baghdad, sans parler de la fameuse bibliothèque « Bayt Al Hikmah » (la maison de la sagesse), effectivement, « c’était, sans exagération, la plus grande institution scientifique au monde. Elle demeure l’un des trésors scientifiques produits par la pensée musulmane des époques passées, et un modèle sur lequel d’autres bibliothèques scientifiques furent fondées dans toutes les régions du monde musulman. On a tendance à oublier son rôle, alors que c’était véritablement une institution scientifique mondiale, attirant des étudiants de toutes origines et religions, d’Orient comme d’Occident. On y venait pour étudier les différentes branches de la science. Sa lumière a éclairé le chemin de l’humanité pendant près de cinq siècles, jusqu’à sa destruction en 1258 par les Tatars. »xlv

  • L’invasion occidentale en Iraq

Maintenant, comparons cela avec l’état de l’Iraq aujourd’hui après sa « libération » par les occidentaux. Cette conquête qui a causé la perte de la vie de 200 000 civils (nombre de civils morts qui sont documentés uniquement)xlvi. D’autres études estiment cela à 400 000 morts.xlvii Mais aussi lorsqu’on regarde le nombre de personnes qui ont du abandonner leur biens et leurs villes pour fuir la guerre est estimé à 4,7 millions.xlviii

Depuis 2003, qui est l’année du débarquement illégal et criminelxlix de l’armée occidentale en Iraq, basé sur un mensongel, il y a eu une épidémie de malformations et maladies congénitales pour les nouveaux-nés des habitants vivants près des zones de guerre. Les fausses couches aussi étaient en hausse. Cela à cause des impacts environnementaux de la guerre, des résidus des produits contaminants et à l’exposition des métaux toxiquesli utilisés durant cette invasion.lii

 

 
Illustration 9: Pourcentage de malformations congénitales et de fausses couches de 1991 à 2010, Fallujah – Iraq

Sans compter, le nombre de veuves et d’orphelins provoqués durant ce massacre. Un rapport de l’ONU estime qu’au sommet de la guerre en 2006, il y eu environ 100 femmes qui perdait son mari par jour. Le ministère des affaires sociales paierai une prestation à 86 000 femmes qui sont majoritairement des femmes ayant perdu leur mari dans cette guerre.liii

Par ailleurs, face au désastre économique causé par cette guerre, les femmes ayant perdu la source de revenu de leur famille, pour ne pas mourir de faim et subvenir aux besoins de leurs familles, vont même jusqu’à se prostituer.liv

En plus d’avoir un aspect politique et économique, cette invasion avait aussi un aspect religieux. Le président américain lui-même décrit cette guerre comme étant une « croisade »lv. On peut voir que cette même mentalité de croisés était omniprésente chez les militaires américains déployés en Iraq et en Afghanistan.lvi Par exemple, sur leur uniforme figure le patch « pork eating crusader », représentant un croisé ou templier en train de manger du porc. Cela fait évidemment référence à l’interdiction de la consommation de la viande de porc en Islam.

Pour écarter tout type d’ambiguïtés devant les peuples arabophone, il y a aussi une traduction en arabe présente sur le patch.

 

 
Illustration 10: Militaire américain ornant le ‘pork eating crusader’ patch

 
Illustration 11: Patch ‘pork eating crusader’

Un autre symbole présent sur leur uniforme est la croix rouge de saint Georges sur fond blanc, qui fait allusion au drapeau utilisé par les templiers durant la croisadelvii. En plus de cela, est inscrit « Militium Xpisti», signifiant « Soldats du Christ », une référence aux sceaux des Chevaliers du Templelviii. En outre, certains soldats aimaient arborer des tatouages provocateurs ; en se faisant tatouer le terme كافر : « kâfir », signifiant « mécréant » en arabe.

 
Illustration 12: Soldat américain déployé en Afghanistan, ayant un tatouage avec le mot كافر / kafir, signifiant « mécréant » en arabe

 
Illustration 13: Symbole templier sur les uniformes des soldats américains

  • Al-Andalus

Un autre exemple est l’état de l’Espagne suite à la conquête des musulmans, de 711 à 1492. En 711, Tariq Ibn Ziyâd, lieutenant berbère du général Moussa ibn Nusayr, se lance à l’assaut de l’Espagne en franchissant les 14 kilomètres séparant l’Afrique de l’Europe, fort de sa légion de 12 000 soldats à peine, il se défait l’armée des Wisigoths constituée de 100 000 soldats, et parvient à planter l’étendard de l’Islam en Espagne chrétienne wisigothiquelix

 
Illustration 14: Le rocher de Gibraltar

À noter que Gibraltar s’appelle « Jabal Târiq  / جبل طارق » en arabe, ce qui signifie « le mont de Tariq », en référence à Tariq ibn Ziyâd.

Depuis l’année 711 de l’ère chrétienne, jusqu’en l’an 756, l’Espagne fit partie de l’empire des califes de Damas et fut gouvernée pour leur compte par des émirs. En 756, elle se sépara du khalifah d’Orient et forma un royaume indépendant, désigné sous le nom de khalifah de Cordoue, du nom de sa capitale.

 
Illustration 15: Al Andalus entre 711 et 715 G

Sous les rois wisigoths, l’Espagne chrétienne avait été dans une situation peu prospère. Sa culture était celle d’un peuple à demi barbare.

Aussitôt que les arabes eurent terminé leur conquête, leur œuvre de civilisation commença. En moins d’un siècle, ils avaient défriché les campagnes incultes, peuplé les villes désertes, créé des monuments magnifiques, établi des relations commerciales avec tous les autres peuples. Ils s’étaient ensuite adonnés à la culture des sciences et des lettres, traduisaient les auteurs grecs et latins, et fondaient des universités qui furent pendant longtemps les seuls foyers intellectuels de l’Europe.

Les habitants de l’Espagne furent aussi bien traités que l’avaient été ceux de la Syrie et de l’Égypte. Les Arabes leur laissèrent leurs biens, leurs églises, leurs lois, le droit d’être jugés par leurs juges, et leur imposèrent seulement un tribut annuel de quelques provisions, plus d’un dinar d’or pour chaque noble et un demi-dinâr pour chaque serf.

Ce qui caractérisa surtout la civilisation des Arabes en Espagne, pendant cette période, ce fut leur goût éclairé pour les arts, les lettres et les sciences. Écoles, bibliothèques, laboratoires se fondent de tous côtés ; les Grecs sont traduits ; les mathématiques, l’astronomie, la physique, la chimie, la médecine sont cultivées avec succès. L’industrie et le commerce furent cultivés avec la même ardeur. Les produits des mines, des manufactures d’armes, de soie, de drap, de maroquin, de sucre, étaient expédiés, dans toute l’Afrique et le Levant, par l’intermédiaire des Juifs et des Berbères, principalement adonnés au commerce.

Les aptitudes agricoles des Arabes furent à la hauteur de leur aptitudes scientifiques et industrielles. Les seuls travaux d’irrigation possédés aujourd’hui par l’Espagne ont été exécutés par eux. Ils introduisirent dans les laines fertiles de l’Andalousie la canne à sucre, le mûrier, le riz, le cotonnier, le bananier..etc.

Les Arabes réussirent en quelques siècles à transformer matériellement et intellectuellement l’Espagne, et à la placer à la tête de toutes les nations de l’Europe. Mais la transformation ne fut pas seulement matérielle et intellectuelle, elle fut également morale. Ils apprirent, ou au moins essayèrent d’apprendre aux peuples chrétiens, la plus précieuse des qualités humaines : la tolérance. Leur douceur à l’égard de la population conquise était telle qu’ils avaient permis à ses évêques de tenir des conciles : par exemple, ceux de Séville en 782 et de Cordoue en 852. Les nombreuses églises chrétiennes construites sous la domination arabe sont également des preuves du respect avec lequel ils traitaient les cultes placés sous leur loi.lx

De plus, d’autres mœurs très chevaleresques furent introduits en Europe : respecter les faibles, être généreux envers les vaincus, tenir religieusement sa parole etc.

 
Illustration 16: Mosquée de Cordoue

La capitale du califat de Cordoue qui comptaient un millions d’hommes, fut un centre scientifique, artistique, industriel et commercial, qu’on ne peut comparer qu’aux capitales modernes des plus grands états européens. L’antique cité est encore debout, mais ce n’est plus qu’une triste nécropole. Ce fut certes un grand triomphe pour les chrétiens de remplacer le croissant par la croix à Cordoue ; mais le croissant régnait sur une des plus riches, des plus belles, des plus populeuses cités de l’univers, et la croix n’y abrite aujourd’hui que les tristes débris de la civilisation puissante que ses adorateurs ont pu détruire, mais non remplacer.

  • L’inquisition espagnole

Après la « reconquista » ou la reconquête des territoires espagnols par les royaumes chrétiens, la trace de la présence des musulmans commença à disparaître, notamment à cause de l’Inquisition espagnole par l’intermédiaire de ses atrocités brutales et de leur conversions forcées des musulmans vers le christianisme. Ceux qui refusaient étaient soient tués, brûlés vivants ou expulsés.

Dès 1499 s’ouvrit l’ère de ces persécutions qui devaient se terminer au bout d’un siècle par leur expulsion. On commença par les baptiser de force ; puis sous le prétexte qu’ils étaient alors chrétiens, on les livra à la sainte inquisition qui en brûla le plus qu’elle put. L’opération marchant avec lenteur, en raison de la difficulté de brûler plusieurs millions d’individus. Le cardinal archevêque de Tolède, Ximenes, inquisiteur général du royaume, proposa de tuer à l’épée tous les Arabes non convertis, y compris les femmes et les enfants.

En conséquence des efforts coercitif de l’archevêque Ximenes, il est rapporté que le 18 décembre 1499, environ 3 000 Maures (musulmans) ont été baptisés par ce dernier et la grande mosquée de Grenade fut transformée en Église. Les « convertis » étaient obligés de rendre leur livres islamiques et étaient détruit par un autodafé.lxi A Grenade, Ximénès faisait brûler tous les manuscrits arabes, au nombre de 80 000, qu’il avait pu réunir.

Même les naissances étaient surveillées par des sages-femmes chrétiennes, afin de s’assurer que les rites musulmans n’étaient pas appliquées, les portes devaient rester ouvertes durant les jours de fêtes, les vendredis, samedis et durant les mariages, pour vérifier que les rites musulmans étaient abandonnés et que les rites chrétiens étaient adoptés.lxii

 
Illustration 17: Inquisiteurs brûlant des maures

Certains comme le prête dominicain Bleda fut encore plus violent ; considérant qu’on ne pouvait savoir si tous les convertis étaient bien chrétiens du fond du cœur et qu’il serait plus facile pour Dieu de distinguer dans l’autre monde ce qui mériteraient l’enfer et ceux qui ne le méritaient pas, il proposa de couper le cou à tous les Arabes, sans aucune exception. Même si cette proposition appuyée par le clergé espagnol fut officiellement remplacée par l’expulsion par le gouvernement espagnol en 1610, on s’arrangea à ce que la plupart furent massacrés pendant l’émigration. Plus de trois quart furent tués en cours de route, par exemple, dans une seule expédition qui conduisait 140 000 musulmans en Afrique, 100 000 furent massacrés. La plupart des auteurs estiment à trois millions le nombre de musulmans massacrés en Espagne.lxiii

Les exemples de civilisations détruites suite aux conquêtes occidentales sont nombreux. On pourrait aussi citer les civilisations des « indiens » d’Amériques. À cause des guerres, génocide, massacres, politique d’assimilation (les enfants étaient arrachés des parents de force et intégrés dans des pensionnatslxiv) et maladies importées par les occidentaux, le peuple indien a disparut petit à petit.

 
Illustration 18: Perte des territoires indiens 1776-1930

 
Illustration 19: Les 375 pensionnats pour les indiens d’Amériques

Aujourd’hui, les indiens sont forcés à vivre en marge de la société, dans des réserves assignées par le gouvernement américain. La qualité de vie dans ces réserve est très difficile avec une forte mortalité infantile, une pauvreté grandissante, une faible espérance de vie…etc.

 

                                                                                                                   

 

Cependant, les conquêtes ne sont pas les seules raisons de la propagation de la religion islamique ; le commerce et la diplomatie ont grandement contribué et contribuent jusqu’à aujourd’hui à la diffusion de l’Islam.

  • Le commerce

Des relations commerciales entre l’Inde et la péninsule arabique existaient bien avant l’avènement de l’Islam dans la péninsule arabiquelxv.Ces bonnes relations se sont accentuées après l’arrivée du Messager d’Allah :

Abû Sa’id al Khudri رضي الله عنه raconte : « Un roi de l’Inde a présenté au Messager d’Allah un pot contenant du gingembre. Le Prophète en a distribué parmi ses compagnons. Il m’en a donné aussi un morceau. »lxvi

Ou encore, l’imam Abu Muhammad Al Hassan ibn Khalaf al Barbahâri qui naquit en l’an 253H (863G) et auteur de grands ouvrages tels que Sharh us Sunnah, avait aussi des relations commerciales avec l’Inde. Il reçut son surnom de Barbahâr ; une plante médicinale importée de l’Inde.

Voici une carte retraçant les routes commerciales du monde musulman durant le califat abbasside (750 à 1258 G), on s’aperçoit que les musulmans entretenaient des relations commerciales avec le sud de l’Asie (l’Inde, L’Indonésie…etc) :


Illustration 20: Routes commerciales du califat abbasside (750-1258G)

Contrairement à d’autres parties du monde, l’Islam s’est répandu dans l’Asie du Sud-Est sans conquêtes majeures. L’Islam est venu par le biais de navires et bateaux et a voyagé avec les épices et la soie. Les épées sont restées dans leur fourreaux, il n’y a pratiquement pas eu d’effusion de sang.lxvii

Aujourd’hui, l’Indonésie est le pays qui contient le plus grand nombre de musulmans : 229 millions, tandis que l’Inde arrive en troisième position avec 195 millions de musulmans, même s’ils ne constituent que 14 % de la population du pays.lxviii

  • La diplomatie

La diplomatie a un rôle important à jouer dans l’expansion de l’Islam, grâce aux accords de paix et l’établissent d’ambassades entre les pays musulmans et non-musulmans, les musulmans peuvent circuler librement, étudier, travailler et vivre, par exemple en Europe ou aux États-Unis. De ce fait, la diffusion du message de l’Islam se fait à travers la communication verbale et non verbale.

Prenons l’exemple de l’Indonésie, l’Arabie Saoudite et la Turquie, ces pays ont des relations diplomatiques avec la grande majorité des pays dans le monde, ce qui facilite la communication et la libre circulation de personnes ; par ce biais, cela facilite aussi la transmission du message de l’Islam :


Illustration 22: Relations diplomatiques de l’Indonésie


Illustration 21: Relations diplomatiques de l’Arabie Saoudite


Illustration 23: Relations diplomatiques de la Turquie

 

De ce fait, l’Islam est la religion ayant le taux de croissance le plus élevé et ne vit donc pas « une crise » comme le prétendraient les faibles d’esprit :

 
Illustration 24: Projection du taux de croissance par religion entre 2015 et 2060

Le nombre de musulmans aux États-Unis et en Europe ne cesse d’augmenter :


Illustration 25: Nombre de musulmans entre 2007 et 2017, USA


Illustration 26: Taux de croissance de la population musulmane en Europe, 2010-2050

Même si on doit cela en partie à l’immigration et au taux de fertilité des musulmans qui est supérieur aux adeptes des autres religions, les conversions à l’Islam ont une part importante dans cette croissance.lxix Par exemple, en France, l’estimation de conversions à l’Islam se situe entre 30 000 et 50 000 en 2003.lxx

Aujourd’hui il n’y a pas de califat islamique, ni de Jihâd Talab, malgré cela l’Islam continue de s’accroître dans les pays non-musulmans, cela dû notamment à la diplomatie et aux bonnes relations entre musulmans et non-musulmans, ce qui engendre des conversions à l’Islam et cela malgré la propagande de haine et le lavage de cerveau orchestrés par les médias.

En effet, l’Islam gagne du terrain grâce à la supériorité de sa croyance, qui est claire, simple et dynamique. L’Islam a surpassé les autres religion sur terre durant les époques où les musulmans étaient en positon de force et continue toujours de gagner le cœur des gens, lorsque les musulmans sont dans un état de faiblesse. Aujourd’hui, l’Islam progresse parmi les personnes éduquées, illettrées, les jeunes, les vieux, les blancs, les noirs, hommes et femmes, même certains religieux qui étaient ancrés dans leur religions se convertissent à l’Islam. Les missionnaires chrétiens, utilisant le leurre de la nourriture, l’argent, de l’éducation et soins médicaux, n’arrivent à convaincre uniquement les pauvres, les incultes, les hypocrites et les gens qui n’ont jamais compris l’Islam.lxxi

Je conclus par des versets et un hadith qui résument cet article :

 

يُرِيدُونَ لِيُطْفِئُوا نُورَ اللَّهِ بِأَفْوَاهِهِمْ وَاللَّهُ مُتِمُّ نُورِهِ وَلَوْ كَرِهَ الْكَافِرُونَ ۝ هُوَ الَّذِي أَرْسَلَ رَسُولَهُ بِالْهُدَىٰ وَدِينِ الْحَقِّ لِيُظْهِرَهُ عَلَى الدِّينِ كُلِّهِ وَلَوْ كَرِهَ الْمُشْرِكُونَ

Ils veulent éteindre de leurs bouches la lumière d’Allah, alors qu’Allah parachèvera Sa lumière en dépit de l’aversion des mécréants.

C’est Lui qui a envoyé Son messager avec la guidée et la Religion de Vérité, pour la placer au-dessus de toute autre religion, en dépit de l’aversion des associateurs.﴿lxxii

عَنْ تَمِيمٍ الدَّارِيِّ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَيَبْلُغَنَّ هَذَا الْأَمْرُ مَا بَلَغَ اللَّيْلُ وَالنَّهَارُ وَلَا يَتْرُكُ اللَّهُ بَيْتَ مَدَرٍ وَلَا وَبَرٍ إِلَّا أَدْخَلَهُ اللَّهُ هَذَا الدِّينَ بِعِزِّ عَزِيزٍ أَوْ بِذُلِّ ذَلِيلٍ عِزًّا يُعِزُّ اللَّهُ بِهِ الْإِسْلَامَ وَذُلًّا يُذِلُّ اللَّهُ بِهِ الْكُفْرَ

Tamim al-Dari rapporte : Le Messager d’Allah a dit : « Cette affaire (l’Islam) va certainement atteindre tous les endroits touchés par la nuit et le jour. Allah ne laissera pas une maison ou une résidence sans qu’Allah n’y fasse entrer cette religion, par laquelle les gens honorables seront honorés et les gens honteux seront humiliés. Allah honorera les gens honorables par l’Islam et humiliera les gens honteux par la mécréance. »lxxiii

 

۞۞۞

 



والله تعالى أعلم

Disponible sur Google Play

vii Précis de la croyance islamique – Abdullah Ibn Abdul Aziz Al-Djibrine
viii La civilisation des arabes, Gustave Le Bon, 1884
ix Holy Wars, Crusades, Jihad, Jalal Abualrub, 2002
xvi A Refutation of Doubts about current issues – Saleh Abdullah bin Humaid
xxi A Refutation of Doubts about current issues – Saleh Abdullah bin Humaid
xxxii Fiqh us Sunnah, Sayyid Sabiq
xxxviii Tayseer al Karim ar-Rahman fi Tafsir Kalam al-Mannan, Abdul Rahman ibn Nasir as-Sa’di
xliv La civilisation des arabes, Gustave Le Bon, 1884
xlv L’apport des musulmans à la civilisation humaine – Tome 1, Ragheb Elsergany, 2013
lix Tariq Ibn Ziyâd et la conquête de l’Andalousie, 2017
lx La civilisation des arabes, Gustave Le Bon, 1884
lxi The Spanish Inquisitions, Henry Kamen, 1965
lxii The moriscos of Spain, H.C. Lea, 1901
lxiii La civilisation des arabes, Gustave Le Bon, 1884
lxxi Holy Wars, Crusades, Jihad, Jalal Abualrub, 2002

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